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dimanche 20 août 2017

Dernière Escale

J'ai rencontré Sandra Martineau lors d'une séance du club de lecture des Cholecteurs, il y a bientôt un an.
Elle nous a présenté plusieurs de ces romans, dont celui-ci avec lequel je suis repartie.





















Auteur: Sandra Martineau
Editions: Lajouanie
Pages: 300
Genre: Policier

Note: ⭐⭐⭐⭐✰✰

Synopsis:

Richard, ex-footballeur pro dont la carrière a pris fin après de multiples scandales, embarque avec femme et enfants sur le Cruise Constantino. 
C'est la croisière de la dernière chance pour renouer avec son épouse et son fils, un ado grincheux, et profiter enfin de la petite dernière. 
L'ex-star du Barça accueillie en VIP est l'objet de toutes les attentions : les passagères lui font les yeux doux, un journaliste le poursuit pour décrocher un interview, une voyante tente de lui prédire l'avenir... Bref, la croisière ne demande qu'à s'amuser, mais la star déchue, obnubilée par le souvenir de l'enlèvement de sa soeur, est persuadée qu'un prédateur rôde dans les coursives. 
Le paquebot débarquera-t-il autant de passagers qu'il en a embarqués ? Un footballeur un brin parano, une infirmière très accorte, une épouse toute meurtrie, un détective plutôt curieux, un équipage trop attentionné... la croisière s'annonce mouvementée. Embarquement immédiat pour un roman à suspense mais pas que...

Mon avis:

Alors, je préviens, cette lecture est très addictive! J'ai été immédiatement happée par ce huit-clos (un bateau de croisière au beau milieu de la mer), avec des personnages dont la psychologie est bien décrite.

Le récit est autant intrigant que percutant.
Le lecteur est manipulé: on s’interroge sans cesse sur quoi et où veut nous emmener l'auteure.
On sent le danger imminent tout au long du roman de façon crescendo, la lecture en devient de plus en plus angoissante.
Les personnages sont mis à nu: on découvre qu'ils ont chacun des traumatismes, des secrets. 
C'est un portrait de famille glaçant.

Le roman est bien construit, jusqu'au dénouement imprévisible pour le lecteur (en tout cas moi je n'ai rien vu venir...). Le suspens est donc présent tout au long du récit.


En résumé, un roman dynamique et captivant que je recommande.

dimanche 30 juillet 2017

Une bouche sans personne

J'ai découvert ce roman lors d'une rencontre des Cholecteurs, organisée à la librairie "Le renard qui lit" de Chalonnes sur Loire. 
Ce jour là, l'auteur Samuel Delage était présent. Il nous a notamment parlé de sa dernière lecture: "Un bouche sans personne". 
Comme plusieurs membres du groupe, je suis repartie de cette rencontre avec le roman de Gilles Marchand.





















Auteur: Gilles Marchand
Editions: Aux forges du Vulcain
Pages: 282
Genre: Contemporain


Note: ⭐⭐⭐⭐✰

Synopsis:

Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. 
Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. 
Tous découvrent qu'il a été défiguré. Par qui, par quoi? 
Il commence à raconter son histoire à ses amis et à quelques habitués présents ce soir-là. Il recommence le soir suivant. Et le soir d'après. Et encore. Chaque fois, les clients du café sont plus nombreux et écoutent son histoire comme s'ils assistaient à un véritable spectacle. 
Et, lui qui s'accrochait à ses habitudes pour mieux s'oublier, voit ses certitudes se fissurer et son quotidien se dérégler. Il jette un nouveau regard sur sa vie professionnelle et la vie de son immeuble qui semblent tout droit sortis de l'esprit fantasque de ce grand-père qui l'avait jusque-là si bien protégé du traumatisme de son enfance. 
Léger et aérien en apparence, ce roman déverrouille sans que l'on y prenne garde les portes de la mémoire. 

On y trouve les Beatles, la vie étroite d'un comptable enfermé dans son bureau, une jolie serveuse, un tunnel de sacs poubelle, des musiciens tziganes, une correspondance d'outre-tombe, un grand-père rêveur et des souvenirs que l'on chasse mais qui reviennent. Un livre sur l'amitié, sur l'histoire et ce que l'on décide d'en faire. Riche des échos de Vian, Gary ou Pérec, lorgnant vers le réalisme magique, le roman d'un homme qui se souvient et survit - et devient l'incarnation d'une nation qui survit aux traumatismes de l'Histoire.

Mon avis:

Ce roman est puissant, fantastique!

Ce récit d'un homme solitaire, mêlant sa propre histoire à l'Histoire avec un grand H m'a happé. 
Le passé douloureux du narrateur est raconté de façon poétique et loufoque: le lecteur se laisse séduire, tout comme les clients du café dans lequel le héros passe ses soirées avec ses amis. 
En effet, le narrateur cache un secret. 
Un secret qui vient de loin et qu'il cache derrière une écharpe qu'il ne quitte jamais. 
Tous les soirs, lui et ses amis se retrouvent au café pour parler de tout et de rien, jusqu'à un petit incident avec son écharpe. 
Il va alors commencer à raconter son passé et parler de son grand-père, Pierre-Jean. Les autres clients du café, plus nombreux de jour en jour, vont devenir son auditoire. 

Jusqu'au moment de la révélation (et quelle révélation!) qu'il gardera exclusivement pour ses amis. Cette fin de roman nous laissera sans voix.


Ce roman est plein d'émotions: tristesse, humour, poésie. mais aussi rempli de valeurs familiales et d'amitiés.

vendredi 21 juillet 2017

Quelqu'un à qui parler

De Cyril Massarotto, j'avais déjà lu "Dieu est un pote à moi" que j'avais vraiment aimé.
Lors de sa venue au salon "Le printemps du livre " de Montaigu, j'en ai profité pour le rencontrer et me procurer son dernier roman "Quelqu'un à qui parler".





















Auteur: Cyril Massarotto
Editions: Editions XO
Pages: 269
Genre: Contemporain

Note: ⭐⭐⭐⭐✩

Synopsis:

Samuel fête ses trente-cinq ans, seul face à des assiettes vides. La déprime est proche. 
Il attrape alors son téléphone mais réalise qu'il n'a personne à qui parler. 
Soudain, un numéro lui revient en mémoire : celui de son enfance et de la maison du bonheur familial depuis trop longtemps disparu. Tiens, et s'il appelait ? À sa grande surprise, quelqu'un décroche. 
Et pas n'importe qui : c'est à lui-même, âgé de dix ans, qu'il est en train de parler ! Mais que dire à l'enfant que l'on était vingt-cinq ans plus tôt ? 
Finalement, chaque soir, à travers ce téléphone, Samuel va s'interroger : l'enfant que j'étais serait-il fier de ma vie ? Aurait-il vraiment envie de devenir l'adulte que je suis aujourd'hui ? Ne l'ai-je pas trahi en renonçant à mes rêves ? 
Grâce à ce dialogue inattendu et inespéré, Samuel va, peu à peu, devenir acteur de sa vie. Et avancer, enfin !

Mon avis:

C'est un roman qui m'a beaucoup touché de par les émotions qu'il dégage: tristesse, joie, humour...
L'histoire est simple mais efficace!

J'ai d'abord aimé le postulat de départ: est-ce que l'enfant que vous étiez serait fier de l'adulte que vous êtes devenu, 25 ans plus tard?
Enfant, nous sommes plein d'optimiste, nous avons des rêves plein la tête, rien ne semble insurmontable...alors qu'une fois adulte, nos vieux rêves nous semblent impossible à realiser tellement nous sommes encrés dans notre train train quotidien.
C'est ce que va comprendre Samuel à travers son autre Moi (le petit Sam d'il y a 25 ans), avec lequel il converse au téléphone chaque soir.
Samuel va alors entreprendre des changements dans sa vie. Il va enfin tout faire pour réaliser ses rêves d'enfant, aidé par le petit Sam.

L'auteur, grâce à son écriture fluide et entraînante, touche notre sensibilité. 
On passe du rire aux larmes, avec beaucoup de justesse et de tendresse.
Il sait nous ramener en enfance. Je me suis retrouvée autant dans le Sam du passé que dans celui du présent.
Mention spécial aussi aux M&M's. J'ai beaucoup aimé leur relation avec Samuel, emplie d'humanité.

Certains passages sont très émouvants (jai beaucoup pleuré), notamment lorsque Samuel pense qu'il va reparler à sa mère mourrante, ou, comment il va aider le petit Sam à surmonter certaines épreuves difficles.

En bref, une histoire magique, pleine d'humanité. 

Une histoire qui me fait dire qu'il faut toujours garder en tête nos rêves d'enfants.

dimanche 2 juillet 2017

La vie en Rosalie

Livre lu grâce à un partage dans le groupe de lecture des Cholecteurs. 


Auteur: Nicolas Barreau
Editions: Héloïse d'Ormesson
Pages: 224
Genre: Contemporain

Note: ⭐⭐⭐✰✰✰

Synopsis:

Rosalie Laurent tient une jolie papeterie à Paris rue du Dragon, où elle confectionne et vend des cartes poétiques. 
Un jour, un vieil homme entre et renverse un présentoir. Quelle n'est pas la surprise de Rosalie face à cet inconnu qui n'est autre que Max Marchais, dont les albums ont bercé sa jeunesse ! Séduit par son talent, il lui propose d'illustrer son célèbre conte, Le Tigre bleu. 
Ravie de cette heureuse collaboration, elle expose l'ouvrage publié dans sa devanture. Mais un jour, un professeur de littérature anglo-saxonne, fraîchement débarqué des États-Unis, surgit dans son magasin et, après avoir lui aussi renversé un présentoir, soutient mordicus que l'histoire du Tigre bleu lui appartient. Max Marchais serait-il un plagiaire ? 
Les deux jeunes gens, d'abord hostiles, vont faire cause commune pour enquêter et mettre au jour un secret qui les liera à tout jamais. Comme dans les précédents Barreau, le destin se nourrit de coïncidences, de hasards et l'amour savamment contrarié doit triompher de malentendus et quiproquos. 
Régal de suspense et d'émotion, La Vie en Rosalie est une histoire mutine dont le charme délicatement anachronique est une incitation à prendre son temps et savourer les petits riens de la vie.

Mon avis:

Un roman doux et tendre, mais tout à la fois rempli de croquant.

C'est le premier roman de Nicolas Barreau que je lis et j'aime bien.

Les personnages sont tous attachants: la jeune Rosalie par sa fraîcheur, sa joie de vivre, sa passion. Robert, le séducteur américain, et Max Marchais, le vieil écrivain.

L'histoire est sympathique et on s'y laisse prendre rapidement.
L'univers féerique de la papeterie m'a bien plu. Tout comme les flâneries que font les personnages à travers Paris.

L'écriture est pleine de poésie. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la petite fable "du Tigre Bleu".

Cependant, ce ne fut pas un coup de cœur, certains passages sont convenus et le quiproquo de la fin n'est pas crédible à mon goût.


En résumé,un bon moment de lecture détente qui me donne envie de lire d'autres titres de cet auteur.








mardi 23 mai 2017

Emprise

J'ai rencontré Valérie Gans au salon du livre de Montaigu en avril dernier. Elle m'a parlé de son dernier roman et j'ai tout de suite été tentée.





















Auteur: Valérie Gans
Editions: JC Lattès
Pages: 342
Genre: Contemporain

Note: ⭐⭐⭐⭐✰✰

Synopsis:

Claire a vingt-neuf ans, styliste free-lance, célibataire endurcie, tout change lorsqu'elle rencontre Mark, un beau gosse charmeur qui lutte pour se faire un prénom face à une mère aussi célèbre que castratrice.
Elle qui ne voulait pas d'un homme chez elle le voit s'installer au bout de quelques semaines, et, pourtant farouchement opposée au mariage, au bout de quelques mois, la voilà mariée.
Plus encore, elle lâche tout ? sa vie, ses amies, sa famille, son chat qu'elle adore et son métier ? pour suivre Mark en Arabie saoudite, où il est missionné par l'Institut Pasteur pour ouvrir un laboratoire. Arrivée à Riyad, elle est à la fois séduite par l'Orient et déroutée par toutes les contraintes imposées aux femmes. 
Elle doit sortir entièrement voilée, ne peut pas conduire, ni se déplacer à vélo, ni s'arrêter au Starbucks pour prendre un café? l'endroit est interdit aux femmes.
Commence alors pour Claire une longue descente aux enfers. Forcée de se soumettre à ces nouvelles règles, elle va peu à peu perdre sa combativité et son identité. 
De son côté, frustré par un métier qui ne tient pas ses promesses et qui le met une fois encore face à ses échecs, Mark devient de plus en plus méprisant et violent.
Ce n'est qu'après avoir frôlé la mort que Claire prendra la fuite grâce à la complicité d'une amie saoudienne aussi croyante que résignée.
Une histoire d'amour, de soumission, de résilience, de sublimation et d'amitié, dans un monde qui n'aime pas assez les femmes et s'évertue à les dévaloriser.

Mon Avis:

Claire, bientôt trentenaire, est une jeune femme dynamique, épanouie par son travail de styliste et par ses deux meilleures amies, Audrey et Joséphine.
Elle rencontre Mark, beau gosse, prince charmant tant attendu, et c'est le coup de foudre! Tout va alors aller très vite: la cohabitation, le mariage, jusqu'au déménagement à Riyad, en Arabie Saoudite.

Tout paraît idyllique, mais le lecteur se doute rapidement que quelque chose "cloche" chez Mark. 
Claire, elle, est bien trop amoureuse pour se rendre compte de quoique ce soit.
Ainsi, au prise avec un pervers narcissique, l'héroïne va connaître l'enfer, la réclusion, la soumission...

A travers l'histoire de Claire, nous découvrons la soumission des femmes Saoudiennes privées de toutes libertés fondamentales, pour nous occidentales (sortir sans porter l'abaya, boire un café au starbucks entre amies, conduire, faire du vélo etc..) et cela nous donne envie de crier, de nous révolter. 
Des femmes souvent ridiculisées, humiliées par leurs maris.

Nous découvrons aussi la soumission de Claire à son pervers de mari qui la manipule. Comment, petit à petit il va l'annihiler.
Bien souvent tout au long de ma lecture, j'ai eu envie de secouer Claire, de lui dire "réveille-toi!!" 
Mais l'amour est plus fort, plus fort au point que Claire va se laisser aller, s'oublier...elle va même en oublier son identité.
Il faudra toute la force de l'amitié pour la sauver de cet enfer. Ce que va faire une amie Saoudienne, à ses risques et périls.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de l'auteure, belle et maîtrisée, toujours juste, ainsi que le rythme du roman dans lequel on ne s’ennuie pas!

La fin du roman aussi m'a bien plu, façon chick-lit où tout est bien qui finit bien. Cela met du baume au cœur après des passages bouleversants.


En résumé, un roman coup de cœur que je vous conseille de lire, rien que pour mesurer notre chance, nous les femmes, de vivre en occident et de prendre conscience de nos libertés.

lundi 8 mai 2017

Brooklyn

Livre emprunté à la bibliothèque.





















Auteur: Colm Toibin
Editions: 10/18
Pages: 332
Genre: Contemporain

Note: ⭐⭐⭐✰✰✰

Synopsis:

Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 1950. 
Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. 
En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie : elle sera seule désormais pour s’occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. 
Terrorisée à l’idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l’Irlande. 
À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires.

Mon avis:

Voici une belle lecture, très agréable, autour d'une histoire de famille des années 50 en Irlande.

Le personnage principal, Eilis, vit en Irlande avec sa mère et sa soeur. 
Ne trouvant pas de travail dans sa ville locale, elle est forcée, par sa famille, à quitter l'Irlande pour les Etat-Unis.
Elle va alors découvrir un pays étranger, une nouvelle culture. Elle va surtout se découvrir elle-même et s'émanciper. Elle va même s'épanouir grâce à la rencontre de son petit ami.
Là-bas, loin de sa famille, elle aura une vie plus moderne, plus libre, malgré la condition des femmes encore soumise à cette époque.

A mon goût, Eilis manque de caractère. 
Elle demeure trop réservée, elle ne dit pas ce qu'elle pense. Cela est sûrement dû à son éducation, mais par moment on a l'impression qu'elle ne sait pas ce qu'elle veut. En même temps, cela n'est pas facile de faire des choix qui vont déterminer notre vie...

Aussi, je me suis reconnue en elle: je me revoie, il y a 20 ans, arrivant seule à Boston, pour quels mois, loin des miens, chez des gens que je ne connaissais pas et dans un pays où tout allait trop vite...j'ai connu ce mal du pays que connait Eilis dans ce roman. 

L'auteur a une écriture fluide et dense, ce qui fait une lecture agréable. Il a très bien retranscrit les choix, les silences, les non choix d'Eilis. 
Les thèmes de l'identité, l'exil, l'intégration sont présents.
L'auteur dresse également une peinture sociale de la vie des années 50 aux Etat-Unis: les différences de classes sociales, les différentes nationalités présentes à Brooklyn (notamment Irlandaise et Italienne), le racisme (lorsque le magasin où travaille Eilis va ouvrir aux femmes de couleur).

Cependant, j'ai moins aimé la dernière partie du roman, celle où Eilis rentre en Irlande à cause d'un drame familial. Je n'ai pas trop été d'accord avec ses choix et surtout la fin du roman m'a laissé perplexe. J'attendais un épilogue ou alors une suite.


En résumé, une belle lecture en compagnie d'Eilis à laquelle je me suis attachée.

lundi 1 mai 2017

Le voleur de brosses à dents





















Auteur: Eglantine Eméyé
Editions: Robert Laffont
Pages: 401
Genre: Témignage

Note: ⭐⭐⭐⭐✰

Synopsis:

« Un jour, j'en ai eu assez. Mille fois, j'en ai eu assez. Assez de toi, Samy, assez de tous qui ne comprennent rien, de la société qui ne fait rien. Assez.
Et puis mille fois, j'ai espéré, mille fois, j'ai ri et pleuré avec toi, mille fois, je t'ai serré dans mes bras.
Alors j'ai écrit ce livre pour toi, mon petit bonhomme si différent, pour moi, et pour ton frère, afin qu'il n'oublie pas tous ces fous rires qui émaillent notre drôle de vie aussi.
J'ai écrit ce livre pour toutes ces familles dont personne ne voit le désarroi, pour témoigner de notre quotidien durant ces dix ans, déjà.
J'ai écrit ce livre en n'épargnant personne parce que personne ne nous épargne.
C'est l'histoire de notre combat, c'est l'histoire de notre amour. Un amour que j'ai cru à sens unique. Tu me prouves aujourd'hui le contraire. »


Mon avis:

Ce livre est un beau témoignage, sincère, utile et agréable à lire.

L'auteure décrit les difficultés que rencontrent les parents d'enfants autistes et handicapés. Mais aussi les aberrations médicales et administratives par rapport à leur prise en charge. 
Elle nous fait part ici de l’immense courage que font preuve ces parents.

Eglantine, animatrice de télévision est maman de deux enfants. Elle apprends que son deuxième fils, Samy est diagnostiqué épileptique, puis autiste et polyhandicapé, suite à un avc à sa naissance. 
Elle nous entraîne dans sa vie quotidienne à travers son combat pour son fils, l'association qu'elle crée, l'école adaptée qu'elle ouvre. Nous la suivons donc dans ses engagements mais aussi dans ses désillusions...

Ce qui ressort de ce témoignage est avant tout l'amour d'une mère pour son fils. Elle déplacerait des montagnes pour lui, pour comprendre et faire taire ses souffrances. 
C'est une belle leçon de vie où les émotions sont bien présentes.
La place du frère aîné, Marco, est importante aussi, ainsi que celle de la famille et l'auteure. Ses parents et ses nombreux frères et sœurs répondent présents à chaque appel. Il y a également toutes les nounous, les psychologues, les éducatrices de Samy qui ont une place importante dans ce livre.

Ce récit n'est pour autant pas du tout larmoyant, c'est au contraire le cri du coeur d'une maman courageuse et combative face à la maladie de son enfant.

La fin du témoignage m'a tout de même bouleversé. Eglantine apprend qu'il faut "savoir se séparer pour mieux s'aimer", et les dernières lignes à ce sujet sont très touchantes.